A l'actualité du Service Départemental d'Incendie et de Secours des Pyrénées-Orientales
La sélection des sauveteurs aquatiques saisonniers
Incontournable, le redoutable stage mer qui caractérise la sélection des sauveteurs aquatiques sapeurs-pompiers s’est déroulé ce mois d’avril sous forme de 4 cessions de 5 jours. Si la météo a était clémente, on ne peut pas en dire autant de l’équipe pédagogique qui n’a pas épargné les stagiaires tant sur le plan sportif que moral. Mais ne nous y trompons pas...
les formateurs, tous SPP ou SPV spécialistes dans leur domaine d’intervention, ne sont pas de mauvais bougres, ils jouent un rôle visant à tester les aptitudes physiques et morales des candidats en situation de stress physique et mental. « La pression nerveuse qu’on exerce volontairement sur eux, cumulée à la fatigue physique est un bon moyen de déceler des comportements inadaptés au profil requis pour être sauveteur aquatique sapeur-pompier volontaire. Maintenir une vigilance sans faille durant des heures et des heures sous une chaleur écrasante n’est pas aisé comme certains se l’imaginent et quand les conditions climatiques ou maritimes s’en mêlent, les interventions peuvent s’enchaîner très vite dans des conditions qui sont tout autant difficiles pour les sauveteurs, comme en a témoigné le coup de mer qui a secoué notre littoral fin juillet dernier. D’ailleurs suite à cet épisode, la responsabilité civile et pénale de certains sauveteurs a été engagée. Il est de notre devoir de leur faire prendre conscience de la responsabilité qui pèse sur leurs épaules, de la rigueur imposée à tous leurs faits et gestes et les risques encourus juridiquement en cas de litige ou de faille dans la réalisation de leur mission.
Le stage mer nous permet de sélectionner des personnes non seulement diplômées (BNSSA, PSE1, PSE2, permis bateau) mais ayant aussi prouvé leur détermination et des capacités mentales, physiques et techniques satisfaisantes. La sécurité des baigneurs mérite bien notre intransigeance. »
Véronique BANTREIL, en charge de la partie administrative des saisonniers, a traité 259 dossiers de candidatures mais seuls 172 personnes se sont présentés au stage. Agés de 18 à 54 ans, majoritairement étudiants, avec quelques salariés, demandeurs d’emploi et anciens militaires, on compte une trentaine de filles et la même proportion venant hors département. Douze stagiaires au total ont abandonné avant la fin du stage soit par manque de motivation ou parce qu’ils présentaient un niveau technique et physique insuffisant.
Le SDIS66 assure la surveillance sur 33 postes de secours sur les plages, plans d’eau et piscines du département, ce qui correspond à 80 personnes par jour . Pour la période juillet/août, 119 sauveteurs + l’effectif permettant d’assurer le roulement des jours de jours de repos hebdomadaire et les remplacements encas d’arrêt maladie ou accident de travail.
« J’ai un bon niveau en natation, je m’entraîne beaucoup pour pouvoir maintenir mes participations en compétition de niveau international mais j’avoue qu’en m’inscrivant au stage mer je m’attendais pas à ça. Nager en piscine chauffée est bien différent que de plonger et nager en combinaison dans l’eau glacée. Mais c’est surtout l’accumulation de la fatigue qui fait toute la difficulté du stage et pour ça l’effet de groupe est motivant, il se crée une véritable cohésion, c’est d’ailleurs certainement le but recherché. »
Son conseil : prévoir un équipement bien adapté est très important, par exemple il est difficile de nager correctement sur de longues distances avec une combinaison trop épaisse qui limite nos mouvements, ou encore avec un masque et un tuba qui prend l’eau.
Gaëlle, 31 ans, 2° stage mer
« 10 ans se sont écoulés depuis mon premier stage mer et ma première saison de sauveteur aquatique sapeur-pompier volontaire et je peux témoigner de l’évolution positive! Nous étions beaucoup moins soumis à rudes épreuves. Le contenu est plus complet avec plus de réglementation ; d’ailleurs j’ai bien apprécié l’intervention des gendarmes sur les questions de responsabilité civiles et pénales que nous allons endosser, ça fait réfléchir… »
Son conseil : Il faut avoir une bonne préparation physique, bien s’entraîner pour arriver avec une forme olympique !
« En tant qu’ancien joueur professionnel de rugby dans l’équipe des Dragons Catalans, j’ai une bonne condition physique et j’ai l’habitude des entraînements intensifs mais pour ma part, la complexité du stage mer était de combiner sans cesse la natation, la course à pied, les apnées, la musculation, c’est très complet physiquement. Avec la répétition de l’effort, la fatigue s’installe et après c’est le mental qui l’emporte. J’ai apprécié la pression positive des animateurs, on sait que ce n’est pas pour rien, c’est une question de sécurité, de vies à sauver. Je suis impatient d’être en poste, j’envisage même parla suite de m’engager dans le volontariat. »
Son conseil : Etre déterminé, prêt psychologiquement et physiquement.
Le stage mer résulte de la loi du 6 avril 1998 relative aux affectations des SPV saisonniers à la surveillance des baignades et activités nautiques. Il s’agit d’une attestation de formation valable 5 ans, mais la volonté du SDIS66 est de remettre en question chaque année l’aptitude opérationnelle de tous les spécialistes.
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