Sapeurs Pompiers 66
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Discours prononcé ce jour par la Ministre de l'Intérieur au Centre de Secours de Fuveau dans les Bouches-du Rhône
Discours prononcé ce jour par la Ministre de l'Intérieur au Centre de Secours de Fuveau dans les Bouches-du Rhône
Agrandir l'imageDiscours prononcé ce jour par la Ministre de l'Intérieur au Centre de Secours de Fuveau dans les Bouches-du Rhône

Monsieur le Préfet,

Monsieur le préfet, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, 

Madame et Monsieur les députés,

Madame la maire,

Mesdames et messieurs les élus,

Monsieur le président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours,

Monsieur le président du conseil d’administration du SDIS des Bouches-du-Rhône,

Monsieur le directeur du SDIS des Bouches-du-Rhône, président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers, cher Grégory ALLIONE

Mesdames et messieurs les officiers, sous-officiers, caporaux et sapeurs, volontaires et professionnels, du centre de secours de Fuveau,

Mesdames et messieurs,

 

Aujourd’hui, à Fuveau, je suis devant vous comme ministre de l’Intérieur. Comme ministre de l’Intérieur, qui depuis plus de six mois, rencontre les sapeurs-pompiers, connaît et voit la force de leur engagement. Comme un ministre qui reçoit chaque jour les récits de votre action, des incendies éteints et des vies sauvées par les sapeurs-pompiers de toute la France. 

Aujourd’hui, je vous parle aussi comme un ancien élu local. Comme un maire, qui pendant 15 ans dans une petite commune du sud des Alpes, a vu ses sapeurs-pompiers décaler ensemble, intervenir ensemble, sauver ensemble.

Sapeur-pompier, c’est se donner au service des autres. C’est servir malgré les risques. C’est affronter le danger par devoir, par engagement, par conviction.

 

Et comme maire, comme ministre, et aujourd’hui encore à Fuveau, il y a un engagement que je connais, un engagement que je sens, un engagement qui me touche, peut-être plus particulièrement encore.

 

Cet engagement, c’est le volontariat.

Le volontariat, c’est l’exigence de la mission de sapeur-pompier alliée au don de soi.

C’est accepter d’avoir un métier, des obligations, mais aussi de porter l’uniforme de sapeur-pompier à l’appel de l’urgence et du danger.

C’est préférer la vie des autres plutôt que son propre confort. C’est montrer l’exemple et donner une voie à suivre à tous ceux qui cherchent un sens.

Certains se plaisent aujourd’hui à peindre une société où la jeunesse aurait perdu tout sens de l’engagement. A dépeindre une société minée par l’égoïsme et le chacun pour soi. J’ai envie de leur répondre : poussez la porte d’un centre de secours, venez à Fuveau. Vous verrez si la jeunesse se désinvestit. Vous verrez s’il n’y a plus d’engagement chez les Français.

Vous êtes la France du courage. Vous êtes la France des responsabilités.

Le volontariat, je le connais depuis longtemps. Je le respecte depuis longtemps. Je me bats pour lui depuis longtemps : et je peux vous l’assurer, ça n’est pas près de s’arrêter.

Dès mon arrivée en fonction, j’ai souhaité que le plan d’action pour la relance du volontariat ne perde pas une minute pour être mis en œuvre.

Et je salue la présence ce jour, ici à Fuveau, de Fabien MATRAS, député du Var et d’Olivier RICHEFOU, président de la CNSIS (lire « CNIS ») qui furent co-rapporteurs de la Mission volontariat, avec la présidente Catherine TROENDLE, présidente du CNSPV, et le colonel Eric FAURE.

C’est sur leur rapport que ce plan s’est en très grande partie appuyé.

C’est sur leurs préconisations que le CNSPV a pu l’initier.

Ce plan, c’est 37 mesures. 37 mesures pour attirer les talents, pour valoriser le volontariat, pour vous permettre de mieux vivre votre engagement.

37 mesures déterminantes, car le volontariat est la pierre angulaire de notre sécurité civile. C’est grâce à lui que nous pouvons répondre à la détresse des Français et procéder à une intervention toutes les 7 secondes.

 

Et depuis six mois, je suis fier de pouvoir dire que les choses ont beaucoup avancé :

- le recrutement des sapeurs-pompiers volontaires du service de santé et de secours médical a été élargi ;

- la féminisation des tenues d’intervention est en cours par les fournisseurs ;

- la prise en compte des formations de sapeur-pompier volontaire au titre de la formation professionnelle continue est inscrite dans la loi ;

- il y aura très bientôt un collège des représentants des employeurs privés au sein du Conseil national des sapeurs-pompiers volontaires ;

- et le Grand Chancelier de la Légion d’Honneur a accepté que les titulaires du brevet de jeune sapeur-pompier puissent bénéficier plus vite de la médaille d’honneur des sapeurs-pompiers.

 

Je ne cite que quelques mesures mais, pour être clair, nous agissons sur tous les fronts et je sais combien la fédération nationale des sapeurs-pompiers est engagée pour la réussite du plan volontariat. Dès nos premiers échanges, cher Grégory ALLIONE vous m’avez sensibilisé pour agir sur le front de l’emploi, pour permettre une meilleure conciliation entre l’engagement et l’activité professionnelle.

Mais aussi sur le front des conditions de travail, car votre engagement est exigeant et il mérite d’être défendu.

Vos missions doivent être définies, précises et la pression opérationnelle qui s’exerce sur vous doit baisser.

Enfin sur le front de la reconnaissance et de la jeunesse, car nos jeunes sapeurs-pompiers ont un mérite extraordinaire. Ils sont un vivier d’enthousiasme et de talent que nous devons à tout prix choyer.

 

Nous avançons vite, c’est bien. Mais il faut continuer. Il faut aller plus fort. Plus loin.

Je pense aux chantiers lancés pour une meilleure protection sociale des sapeurs-pompiers volontaires, à la création d’une réserve citoyenne des sapeurs-pompiers volontaires. Je pense à la promotion du volontariat dans les quartiers plus défavorisés.

Je pense au service national universel qui devra accompagner aussi le volontariat.

Ce plan, il n’avance que parce que nous le construisons ensemble. Je veux saluer l’action du Conseil national des sapeurs-pompiers volontaires, sous la houlette duquel ces travaux sont conduits, et la conférence nationale des services d’incendie et de secours, sans laquelle rien de pourrait avancer.

Enfin, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers avec qui nous sommes en lien constant, qui, invitée à chaque réunion du comité de suivi, contribue activement à la mise en œuvre de ce plan et y est indéfectiblement liée.

Mais il nous reste encore des défis à relever.

Le premier d’entre eux, c’est celui de la sécurité.

Trop souvent, lors de leurs interventions, les sapeurs-pompiers sont pris pour cibles. Depuis les insultes jusqu’à des agressions plus violentes, en 2018, les sapeurs-pompiers ont été victimes en moyenne de plus de deux agressions par jour.

C’est trop. C’est beaucoup trop.

C’est abject, aussi. Abject, de s’en prendre à ceux qui viennent sauver. Abject, de s’en prendre à ceux qui prennent tous les risques pour sauver.

Dernièrement, ces actes se sont hélas encore intensifiés. Lors de trop nombreux samedi, des sapeurs-pompiers sont pris à parti par les casseurs qui les attaquent, les injurient, les empêchent d’intervenir. Ainsi, au Puy-en-Velay, le 1er décembre, quand les secours ont été bloqués et empêchés d’intervenir alors que la Préfecture avait été mise à feu par des irresponsables et des criminels.

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, des sapeurs-pompiers ont été bousculés voire blessés par les ultras. C’est inadmissible. C’est intolérable.

Il ne faut pas se tromper de cible. Ne jamais se tromper de colère. Il y a l’Etat qui protège, les sapeurs-pompiers qui sauvent et les casseurs qui blessent.

Alors avec vous, je veux rendre hommage à vos camarades blessés, quelles que soient les circonstances, quelles que soient les conditions d’intervention. Je veux rendre hommage à vos camarades agressés, insultés, parce qu’ils ont choisi cette vocation noble de sapeur-pompier.

Les agressions contre les sapeurs-pompiers ne peuvent devenir la norme. Elles ne peuvent pas être tolérées.

 

Alors, nous agissons.

Nous avons demandé à ce que les dépôts de plainte soient facilités avec des prises de rendez-vous y compris dans les centres de secours.

Nous avons décidé de mieux vous protéger en insistant sur la protection fonctionnelle et en permettant que les sapeurs-pompiers victimes d’agressions se domicilient à la direction des SDIS.  

Nous voulons une fermeté totale contre les responsables. Nous menons un suivi très attentif de la réponse pénale contre les agresseurs et je connais la détermination du parquet pour les poursuivre avec la plus grande sévérité.

Nous allons relever ensemble le défi de la sécurité. Mais il y a une autre sécurité que nous allons préserver : celle de votre statut.

Je sais que la directive temps de travail, la DETT, et l’arrêt Matzak de la Cour de justice de l’Union européenne ont pu susciter des inquiétudes. Je les entends. Je les comprends.

Vos préoccupations sont mes préoccupations. C’est tout notre modèle de volontariat qui peut être en danger, alors, je me suis saisi, pleinement, du sujet, en avançant sur deux fronts parallèles.

 

D’une part, nous allons exploiter toutes les dérogations permises par la directive temps de travail. Elles sont assez larges et en expliquant notre modèle avec précision et bonne foi, nous préserverons le cadre juridique de l’emploi des sapeurs-pompiers volontaires.

Nous allons nous protéger, plus encore, et un décret devrait être publié dans les prochains mois pour assurer aux volontaires de pouvoir toujours concilier leur engagement et leur vie professionnelle. Ne rien faire serait s’exposer à une sanction brutale que personne ne veut. Mais agir ne sera pas céder à ceux qui ne comprennent pas l’engagement de nos sapeurs-pompiers volontaires.

En effet, nous ne pouvons pas nous en tenir à cela.

Aujourd’hui, à Fuveau, je veux prendre un engagement. Les élections européennes arrivent bientôt. Avec elles une nouvelle majorité au parlement européen, de nouveaux élus, de nouvelles idées.

Alors bien sûr, l’Europe qui protège est déjà pour vous une réalité opérationnelle, pour vous, pour la sécurité civile.

L’aboutissement début avril de la réforme du mécanisme européen de protection civile, voulu par le président de la République et que j’ai porté au niveau européen permettra aux États membres de s’apporter plus facilement le soutien mutuel indispensable dans les situations les plus critiques.

Et vous ici, dans le sud, vous savez très bien de quoi je veux parler.

Certains parmi vous, à votre initiative, cher Grégory, étaient en Suède l’été dernier pour combattre les feux de forêt au sein du détachement français.

Mais les facilités matérielles et financières ne sont pas tout.

Sans les hommes, sans vous pour agir, le mécanisme ne serait rien.

L’un des volets de cette réforme portera sur la formation des opérationnels et je sais que vous répondrez présents, vous sapeurs-pompiers de France, pour faire rayonner notre savoir-faire.

Il faudra bien évidemment aussi, et c’est là le sujet majeur, que vous ne soyez pas empêchés de servir, vous sapeurs-pompiers volontaires

Ce sera là un des premiers chantiers que nous devons entreprendre avec des institutions européennes renouvelées et je compte sur vous Grégory pour que nous produisions ensemble des propositions objectives et pragmatiques qui feront que l’engagement pour les autres ne soit jamais une charge.

Alors profitons-en pour nous faire entendre et comprendre des élus nationaux, quelle que soit la liste sur laquelle ils seront élus, et des autres pays européens aussi

Alors oui, le Gouvernement fera entendre sa voix et portera une nouvelle directive sur l’engagement citoyen. Faire avancer notre société, c’est inciter à l’engagement, c’est accompagner ceux qui acceptent, généreusement, de donner du temps, de l’énergie, au service des autres, sous diverses formes. Il nous faut valoriser et protéger cet engagement. Cette nouvelle directive permettra de fixer un cadre souple mais protecteur pour tous ceux qui prennent de leur temps pour des causes plus nobles, pour des causes qui les dépassent. Les bénévoles associatifs, bien sûr, mais aussi, au premier chef, les sapeurs-pompiers volontaires.

 

Dès la fin de la campagne électorale, je prendrai l’initiative d’organiser un colloque de travail sur cette question, avec mes collègues ministres concernés mais aussi les grands partenaires, français et européens, pour nourrir cette réflexion et susciter les prémices de ce qui deviendra, à terme, cette nouvelle directive sur l’engagement citoyen que la France entend porter.

 

Mesdames et messieurs,

Le volontariat est une chance. Le volontariat est une clé pour la protection de tous les Français.

Nous allons travailler ensemble. Nous allons réussir ensemble.

Merci pour votre engagement !

Vive les sapeurs-pompiers !

Vive la République !

Vive la France !

 

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